« La permaculture sera portée, haut et fort, comme alternative à la société de consommation ! »

L’éveil de la permaculture est le tout premier film réalisé par Adrien Bellay. En salle depuis le 19 avril 2017, ce documentaire attire les critiques favorables et suscite un vif intérêt, depuis sa sortie.

Comment avez-vous eu l’idée du film L’éveil de la permaculture ?

L’idée du film est née d’une amitié entre deux passionnés : mon ami Clément, passionné de permaculture et moi-même passionné de cinéma. Clément a découvert la permaculture lors d’un voyage en Australie, en 2012. Il y a pratiqué le wwoofing dans des fermes écologiques et lorsqu’il est rentré de son voyage il s’est impliqué dans le mouvement de la transition aux environs de Montpellier. De mon côté, j’avais à cœur de développer des projets documentaires indépendants et qui porteraient des messages positifs. Clément m’a fait partager ses expériences et nous avons eu le désir de mettre en commun nos compétences pour créer un film qui allait remettre les points sur les i.

Qu’est-ce qui vous a poussé à réaliser ce documentaire ?

En France, la permaculture est souvent réduite à de simples techniques culturales et particulièrement la culture sur buttes. Or la permaculture, il faut le rappeler, c’est avant tout une science et un art de l’aménagement des écosystèmes humains qui imite les modèles trouvés dans la nature pour produire de la nourriture, des fibres et de l’énergie afin de combler les besoins locaux. Nous avons donc voulu redonner les fondamentaux, les valeurs éthiques et les principes qui structurent la permaculture et montrer certaines applications autour de l’agriculture, de l’habitat, de l’éducation et du fonctionnement des groupes humains. J’ai même appris lors du tournage, différentes approches et différentes techniques. Je n’ai pas véritablement eu le temps de concrétiser ces savoirs car ce projet de film prend de l’ampleur jour après jour mais je compte bien m’inspirer au maximum de cette philosophie et mettre en application ses principes dans ma vie future.

Combien de temps avez-vous mis à le réaliser ?

C’est un film que j’aurai mis près de 2 ans à réaliser. De l’écriture, au tournage en passant par la post production jusqu’à la diffusion du film, j’étais impliqué dans chacune des étapes. En étant producteur du film, je participe aussi activement à la distribution du film.

Que raconte t-il précisément ?

Je me suis particulièrement intéressé à la formation en permaculture. Les différents cours d’introduction et les cours de design en permaculture m’ont permis de donner les grandes définitions et notamment expliquer la méthodologie du design. C’est le concept opérationnel fondamental en permaculture, qui permet de mettre en œuvre les éthiques -prendre soin de l’homme, prendre soin de la nature et partager équitablement les ressources- de la manière la plus efficace. Le design, qui signifie à la fois conception, aménagement, planification et organisation, est expliqué aussi grâce à des petits films d’animations qui viennent ponctuer le récit. Mais le film va au-delà, il décrit des exemples concrets de ferme en permaculture, des actions de permaculture urbaine, des outils développés pour la gestion de l’eau, des techniques de culture régénérative… Il croise aussi les témoignages d’enseignants et d’apprentis permaculteurs qui ont décidé de se consacrer pleinement à ce nouveau mode de vie, plus respectueux de la nature et des hommes.

La bande annonce de votre documentaire a créé un véritable buzz à sa sortie sur Youtube. Comment l’expliquez-vous ?

Nous avons énormément communiqué sur internet et sur les réseaux sociaux. Dès le début du projet, le financement participatif nous a permis de diffuser très largement l’idée du film et nous élargissons de jour en jour notre public. Il est évident que le film profite de la popularité du terme permaculture aujourd’hui. C’est dans l’air du temps, la permaculture est accessible à tous, on peut la pratiquer à toutes les échelles, que ce soit à l’échelle d’un jardin, d’une ferme et même d’une ville ! Tout le monde a envie de s’y mettre. Et puis ça traduit un « ras le bol » de la société de consommation et de ses dérives.

Quel avenir voyez-vous pour la permaculture ?

Je vois un bel avenir pour la permaculture. Il y a un désaveu profond pour le monde politique. Nous assistons à une crise des démocraties, et plus largement à une crise des valeurs. Les citoyens ont à coeur de s’investir dans des projets qui font sens, qui recréent du lien social, qui redonnent de l’importance aux véritables créateurs de richesse : les agriculteurs, les jardiniers, les associations (collaboratives)… La permaculture, tant qu’elle ne sera pas dépouillée de ses valeurs éthiques, sera portée, haut et fort, comme alternative à la société de consommation pour développer son autonomie énergétique, alimentaire et citoyenne !

Propos recueillis par Aurélia Payelle

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