Rencontre avec Isis La Bruyère, membre de l’association L214

Isis la Bruyère est membre de l’association L214. Depuis moins d’un an, elle gère sur Paris bon nombre d’évènements que l’organisation mène à bien. Rencontre avec une grande protectrice de la cause animale.

Isis, derrière un comptoir d’information, à Place d’Italie. Accompagnée de bénévoles et d’autres membres de l’association, elle distribue des tracts et répond aux questions des passants. © Jérémy Leguillon
Isis, derrière un comptoir d’information, à Place d’Italie. Accompagnée de bénévoles et d’autres membres de l’association, elle distribue des tracts et répond aux questions des passants. © Jérémy Leguillon

Comment êtes-vous entrée au sein de l’association L214 ?

J’étais militante depuis quelques mois, je suis entrée dans l’association L214 cet été. Ils ont voulu recruter une chargée de campagne sur Paris, pour avoir quelqu’un à temps pleins qui coordonne l’action militante dans la capitale. Je me suis proposée et ils m’ont pris.

C’est un métier ? Vous vous occupez de cela à temps plein ?

Oui, je suis salariée de l’association donc j’ai la chance de pouvoir militer à temps plein. Sur Paris j’organise la plupart des actions, principalement des actions de rues pour l’instant, mais on fait aussi des Happenings. Il y a des conférences organisées sur Paris et la marche pour la fermeture des abattoirs le 4 juin qui est une grande marche organisée par L214. Donc je m’occupe aussi de l’organisation de cet événement.

Pensez-vous que les images que vous révélez (abattoirs d’Alès, de Vigan et Soule) vont faire évoluer l’opinion publique ?

L214 a un grand département enquête, c’est à dire qu’on va révéler aux gens des images. C’est le gros de notre travail. Ce n’est pas moi qui m’en occupe personnellement mais c’est ce qu’on fait : on montre aux gens ce auquel ils n’ont pas forcément accès, c’est à dire la réalité derrière la viande, les produits d’origine animale, les élevages, le transport des animaux et les abattoirs. Et donc, je pense que c’est pour ça, effectivement, que l’association commence à être un peu connue et vraiment soutenue par l’opinion publique parce que justement les gens ont été très choqués de ce qu’on a montré. C’est une chose qui révolte n’importe qui, il faut vraiment être un psychopathe pour ne pas être complètement révolté par ces images. C’est la première action qui impacte directement le public, de voir ce qu’ils n’ont pas l’occasion de voir.

Votre principale manière de sensibiliser les gens, est donc de les choquer en quelque sorte ?

Nous, on ne les choque pas, mais c’est vrai que ce qu’on révèle se trouve être choquant, parce que ce sont des pratiques qui le sont. Et ça l’est encore plus parce que les gens ne le savent pas. On a une image d’Épinal ; les animaux sont élevés à la ferme, ils sont heureux et puis un jour, couic, c’est une petite mort rapide, ils ne sentent rien et voilà. Mais en faite non, les élevages c’est concentrationnaire, les animaux n’ont pas de quoi bouger. Ils sont toute leur vie dans le noir, c’est beaucoup de maltraitance, de souffrance, pour être après égorgés, parce que c’est ce qui se passe dans les abattoirs, ils se vident de leur sang, certains reprennent conscience sur les chaines d’abattage. C’est monstrueux et les gens ne le savent pas. C’est ça qui est choquant, mais nous ce n’est pas notre but. On donne à voir aux personnes, après ils en tirent les conclusions qu’ils veulent. Certains le savaient déjà mais une majorité ne le sait pas et c’est ça qui est important pour nous, que tout le monde ait accès à cette information, pour faire après des choix de consommation conséquent.

Rennes, en mars, lors d’une «vegan place». Les passants sont invités a regarder la vidéo Du pré à l’assiette. En échange ils pourront déguster des gâteaux 100 % véganes. © Kévin Niglaut
Rennes, en mars, lors d’une «vegan place». Les passants sont invités a regarder la vidéo Du pré à l’assiette. En échange ils pourront déguster des gâteaux 100 % véganes. © Kévin Niglaut

Que répondez vous aux personnes qui insinues que vous aviez en votre possession la vidéo de Vigan depuis un moment et que vous avez attendu l’approche du Salon de l’Agriculture pour la diffuser ?

Nous avions en effet certaines images de Vigan depuis l’été dernier mais nous avions aussi des images d’Alès. Le sujet est identique, c’était difficile d’intéresser les médias et les gens avec deux enquêtes similaires trop rapidement l’une après l’autre. Cependant, nous avons des images de Vigan qui datent aussi de février, avec les preuves des dates. Nous n’avons donc pas attendu le salon, mais avons fini l’enquête récemment. Nous essayons d’éviter d’intéresser les gens à la cause animale quand l’actualité est déjà très chargée. Cette semaine semblait un peu creuse et donc propice pour ouvrir ce débat difficile.

Dans ce contexte pensez-vous que la marche du 4 juin pour la fermeture des abattoirs aura un plus fort impact ? Espérez-vous plus de monde que les autres années ?

Il y aura plus de monde que l’année dernière, c’est certain. Mais nous ne savons pas si la marche aura un impact, probablement pas au sens médiatique. Elle est cependant très importante pour nous et pour les militants.

Vous avez eu de grandes difficultés à mettre en place le happening devant le Salon de l’Agriculture, comment avez vous finalement procédé ?

En effet c’était compliqué. La préfecture autorise habituellement nos rassemblements. Ils savent que nous sommes légalistes et ne posons pas problème. Mais là dans le contexte de l’état d’urgence, cumulé à la rage des éleveurs de ces derniers temps et leurs nombreuses manifestations violentes, les autorités s’inquiétaient que notre présence, même pacifique, provoque de potentiels troubles à l’ordre public, qui ne seraient pas de notre fait. Le happening devant le salon a donc été annulé. Mais nous avons tout de même réussi à organiser plusieurs actions de sensibilisation dans Paris notamment à Saint Lazare, Montparnasse et Convention. Le dernier week-end du salon, nous avons distribué des tracts Porte de Versailles. Nous avons donc pu informer les visiteurs et les passants de la face cachée de l’élevage.

Êtes vous tous véganes au sein de l’association ?

Oui, les treize salariés de l’association L214 sont véganes. On est tous très investis, et très touchés par le sujet. C’est une évidence pour nous, une cohérence. La plupart des militants bénévoles le sont aussi, ou du moins, sont sur le chemin du véganisme, entre le végétarisme et le végétalisme. C’est clair que lorsqu’on s’intéresse aux animaux de ferme, on commence très vite à retirer de notre assiette les produits issus de leur exploitation.

Propos recueillis par Aurélia Payelle

 

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